La réglementation est plus courte qu'on ne le croit : une seule garantie est obligatoire pour exercer. Tout le reste relève du choix. Sauf que « facultatif » ne veut pas dire « optionnel » quand votre revenu dépend d'un volant.
Faisons le tri, sans catalogue commercial.
L'obligatoire : la responsabilité civile circulation
Le Code des assurances (article L211-1) impose à tout véhicule terrestre à moteur une assurance de responsabilité civile. Pour un taxi, cette RC doit couvrir l'usage professionnel : transport public particulier de personnes, à titre onéreux. C'est la fameuse RC circulation.
Elle paie les dommages que vous causez aux autres : le piéton renversé, la voiture emboutie, et vos passagers, qui sont juridiquement des tiers. Les montants en jeu sur du corporel grave se comptent en millions d'euros. C'est exactement pour ça que la garantie est illimitée sur le corporel.
Rouler sans ? 3 750 € d'amende, suspension de permis possible, véhicule confiscable. Et surtout : en cas d'accident, le Fonds de garantie indemnise les victimes puis se retourne contre vous, pour tout. Des chauffeurs se sont retrouvés avec des dettes à vie pour une attestation expirée.
RC circulation et RC pro : deux garanties, deux mondes
La confusion classique. La RC circulation couvre l'accident de la route. La RC professionnelle couvre les dommages causés dans le cadre de l'activité, hors circulation : le bagage abîmé pendant le chargement, le client qui chute en montant, le portail rayé chez un particulier.
La RC pro n'est pas légalement obligatoire pour un taxi, mais les centrales de réservation et certaines plateformes l'exigent contractuellement. Et franchement, vu son coût (quelques centaines d'euros par an), s'en passer est un pari perdant. On a consacré une page entière à la différence entre RC circulation et RC pro taxi.
Les garanties qu'un professionnel sérieux ne discute pas
La protection du conducteur. La RC couvre tout le monde sauf vous. Blessé responsable, ou blessé sans tiers identifié (un chevreuil, une glissière), vous n'avez droit à rien sans cette garantie. Pour un indépendant dont le revenu s'arrête avec le moteur, c'est LA garantie prioritaire, avant même le vol ou le bris de glace. Deux chiffres à contrôler : le plafond (500 000 € minimum, une invalidité lourde coûte plus cher qu'on ne l'imagine) et le seuil d'invalidité déclencheur (en dessous de 10 %, c'est bien ; certains contrats ne versent rien sous 15 % d'IPP).
La perte financière / perte d'exploitation. Votre taxi immobilisé après un sinistre, c'est zéro recette mais toujours les charges : crédit du véhicule, cotisations, loyer de la licence pour les locataires. Cette garantie verse une indemnité journalière pendant l'immobilisation. Vérifiez le montant par jour et la durée maximale, c'est là que les contrats se départagent.
Le véhicule de remplacement... équipé taxi. Le point que 90 % des chauffeurs découvrent trop tard. Une citadine de courtoisie ne vous sert à rien : sans compteur, sans lumineux, sans conformité à votre autorisation, vous ne travaillez pas. Les bons contrats taxi prévoient un relais équipé, parfois sous 48 h. Posez la question noir sur blanc avant de signer.
La défense pénale et recours suite à accident. Presque toujours incluse, elle finance votre défense et le recours contre le responsable de vos dommages. Contrôlez juste le plafond de prise en charge des honoraires.
Les garanties à doser selon votre situation
- Vol et incendie. Indispensable en zone urbaine dense, discutable dans une petite ville de garage fermé.
- Bris de glace. Utile, mais regardez la franchise : à 150 € de franchise pour un pare-brise à 400 €, la garantie perd de son intérêt sur les petits sinistres.
- Dommages tous accidents. Le fameux tous risques. Pertinent sur véhicule récent ou financé, de moins en moins au fil des années. On en parle chiffres à l'appui sur la page prix de l'assurance taxi.
- Assistance 0 km. Le taxi tombe en panne devant chez vous à 5 h du matin ? Sans le 0 km, l'assistance ne se déplace pas si vous êtes à moins de 25 ou 50 km de votre domicile. Pour un professionnel, le 0 km s'impose.
- Contenu professionnel. Terminal de paiement, tablette, équipements : quelques dizaines d'euros par an pour ne pas les perdre dans un vol.
Comment lire un contrat sans y passer la nuit
Quatre réflexes, dans l'ordre :
- 1. Ouvrir le tableau des garanties et lire les PLAFONDS, pas les intitulés.
- 2. Chercher le mot « franchise » et noter chaque montant.
- 3. Lire les exclusions de la protection conducteur (taux d'alcool, seuil d'IPP, plafond).
- 4. Vérifier la clause véhicule de remplacement : équipé taxi, oui ou non, et sous quel délai.
Dernier conseil : faites relire votre contrat actuel par un œil spécialisé au moment du renouvellement. Un courtier taxi repère en dix minutes les trous de garantie et les surprimes injustifiées. C'est gratuit et sans engagement chez Orizon Assurance, cabinet spécialisé en assurance pour les taxis.